Un casier, un cadenas, une clef

30 07 2007

Le sanctuaire est proche. Déjà le vombrissement sourd de la foule se fait entendre, progressivement l’atmosphère change de note. La transition entre l’odeur du diffuseur de parfum d’ambiance bon marché de l’accueil et les fragrances nettement plus mâles du vestiaire s’opère comme par magie. De la magie noire.
J’accède alors au vestiaire dans un ralenti inconscient. Premiers rires gras. Premiers “hé gros comment qu’c'est?”. Pas de doute j’y suis. J’y reste? Je reste.
Parsemer quelques “Bonjour” sans réponse, me frayer un passage au milieu de cette foule hétéroclite dont le seul dénominateur commun est le genre : masculin. J’avoue que pendant un instant l’idée de prendre mes jambes à mon coup et de m’enfuir en direction du vestiaire féminin m’a traversé. Sauf qu’il n’était plus temps de fuir mais bien de trouver un casier pour y ranger mon (petit) nécessaire sportif (deux sacs de sport en toute modestie). J’allais en intercepter un lorsqu’un sportif averti m’a fait comprendre qu’il l’avait réservé, certes de loin, mais réservé quand même. Sur le coup, frappé par cet argument improbable, je me suis exécuté et me suis remis en quête d’un autre casier.
Première étape franchi, il faut maintenant quitter ses vêtements de ville et revêtir une tenue adéquate. Et là, deuxième échec. Deux échecs en l’espace de cinq minutes. Jamais dans toute ma scolarité je n’avais accumulé un tel palmarès ! Contrairement à d’autres qui n’hésitent pas à poser en tenue d’adam, j’avais opté pour un procédé plus conventionnel et respectueux des fantasmes des autres : la cabine. A peine mis un orteil à l’intérieur, les bras chargés du short, du T-shirt en “microfibre antitranspirant et hypoallergénique vintage” et de la paire de basket, une voix semblant venue d’outre-tombe m’interpelle. “Va-y t’as pas vu que c’était occupé?” (in extenso, promis, juré !). Regardant cet individu d’abord, vérifiant ensuite : “Heu non, apparemment c’est libre”. Erreur. Un gel douche discount à moitié vide gisant au sol aurait du me mettre la puce à l’oreille. Mon intellect non aguerri aurait dû scruter le sol et ne pas déduire “Tiens quelqu’un a oublié son gel douche” mais bien se dire “Ah merde c’est occupé !”. A cet instant précis j’ai pensé que le QI était inversement proportionnel à la taille des biceps.
Tout de Dior sporstwear vêtu, je suis prêt à affronter la salle des machine… J’allais oublier de fermer mon casier à l’aide de mon cadenas et de sa clef…





Le temps d’avant

21 07 2007

Avant de le connaitre ma vie amoureuse n’existait pas ; tout au plus vivotait une vie sentimentale parsemée de conquêtes d’affichage et de rencontres d’entretien. Seule dominait mon existence d’amant dans des relations tantôt éphémères (“tu sors avec quelqu’un?”, à moi de répondre “Deux heures ça compte?”), tantôt suivies (à considérer que l’honnêteté intellectuelle concède que 15 jours de partage d’une literie constitue une relation suivie…). Avant je ne m’avouais pas ce manque indéfinissable de reconnaissance que l’on peut trouver dans le regard de celui qu’on Aime et qui vous Aime, même si très régulièrement je souhaitais au plus profond de moi être aimé pour autre chose que mon physique, même si bien souvent, pris d’un spleen incontrôlable, je broyais du noir enivré de nicotine sur fond d’une sonate au Clair de Lune les yeux rivés dans La Mort des Amants. Jusqu’au jour où…
Un beau jour (ou était-ce une nuit…) je le rencontra. Quatre ans seulement, mais qu’il me semble loin le temps d’avant… Jamais je n’ai aussi peu regretté ce passé. Nous connaissons depuis bien des hauts, très peu de bas. Nous nous aimons car nous avons réussi à associer nos deux libertés dans le respect de l’identité de chacun, tout en sachant mutuellement faire des concessions pour inscrire dans la durée notre vie de couple.





La Fontaine à Nancy

17 07 2007

On avait déjà pu admirer son talent salle Poirel à Nancy Jazz Pulsation il y a quelques années. J’avais alors assisté à la performance scénique de cette artiste délicieusement ravagée.
Imaginez Brigitte FONTAINE a quatre pattes sur le piano en ronronnant le Chat.
Délectez-vous des ces moments inoubliables où Brigitte salua un couple du premier rang (s’éclipsant en cours de spectacle, agacé sans doute pour l’atypique personnage déambulant sur scène) par un fameux “Salut les kékés !
Si pour vous il y a des artistes au-delà de la Star ac’, alors n’hésitez pas et courez réserver vos places.





La Rupture

17 07 2007

Ne partageant que le prénom avec le locataire que j’espère précaire (“Ils sont sans droit ni titre (ndlr: Madâââââââââme !”) pour plagier Maître Michel lors du dernier Conseil Municipal) de l’Elysée, j’ai quand même voulu lui rendre hommage en m’auto-administrant une dose de rupture ! Depuis la fin de la semaine dernière, en effet, je n’ai pas mis à jour ce blog.
Rupture justifiée car ce week-end avait lieu la célébration officielle et familiale de mon union Royale… Union qui, je vous rassure, fût largement honorée !
Aussi pardonnez-moi de ce long et insoutenable silence ! Et pour les plus initiés d’entre-vous : Je suis désolée…





R.I.P.

12 07 2007

Tous les matins à l’ouverture de mon journal, à la consultation de ma revue de presse je tends le dos. J’appréhende dorénavant de lire chaque jour une mauvaise nouvelle. De voir annoncer l’effondrement de la maison, l’avis de décès du Parti. Je crains de lire les commentaires acides de nos adversaires qui s’affèreraient à graver sur les murs rue de Solfé “Parti Socialiste, Rest in peace”.
Où en est-on sur le chemin de la refondation du Parti depuis 2002? Quelles conclusions ont été tirées de notre mea culpa collectif? Quelle réponse apporte l’exécutif aux attaques toujours plus présentes et pressantes de la droite?
Est-il encore pertinent aujourd’hui de s’interroger sur les raisons de la défaite? Pour ma part j’inclinerais à penser que ces raisons sont connues de tous, qu’il n’est plus temps à l’onanisme intellectuel. Il est urgent d’agir ; mais l’action ne saurait se résumer aux excommunications individuelles quand bien même l’exclusion est parfois justifiée et doit être prononcée.
Des questions auxquelles je n’ai pas la prétention de répondre exhaustivement, mais qui méritent d’être posées. Parce qu’en 2008 d’autres échéances s’offrent à nous. Parce que les prochaines victoires seront un préalable à la Victoire en 2012.





Once upon a time…

10 07 2007

J’en reviens. Cela fera bientôt quatre mois que je me sacrifie à ce rituel.
Je n’en reviens toujours pas. Être arrivé à me discipliner à ce point.
Once upon a time, une Reine qui s’inscrivit dans une salle de sport. Non, vous ne rêvez pas! Frottez-vous les yeux, pincez-vous la fesse droite, confirmez en pinçant la fesse gauche. Rien n’y fera. Je suis inscrit dans un club ; ça fait classe un club! “Tu fais quoi après le taff?” “Je file au club“…
Ils sont forts les côôôôôaaaaachs du club, ils ont réussi à me vendre de la douleur! A peine glissé un orteil à l’intérieur du Saint-Siège l’architecture intérieure vous conditionne : “Vous voyez les éphèbes secs et musclés, huilés et UVisés? Vous les voyez bien? Tant mieux car vous ne leur ressemblez pas du tout! Et pourquoi mon pauvre Monsieur? Parce que vous ne faites pas encore partie du club!” CQFD
Autre astuce marketing, vous êtes reçus par le côôôôôaaaaach le plus en vue du club, histoire de vous démontrer que souscrire à la formule d’abonnement c’est contracter une assurance “2BC” (Beau Corps, Beau Cul).
J’écris bien LA formule. Vous n’êtes pas là pour choisir, ici on s’occupe de tout! Donc pour Monsieur ça sera une formule “Pass Millenium Liberté”… Comprendra qui pourra. Pour moi ça signifie seulement que grâce à mon RIB mon compte sera débité chaque mois de bip euros… Peut-être ai-je trop d’années post-bac?
Qu’importe, en plus de temps qu’il n’en faut pour qu’une blonde puisse faire l’inventaire de ses neurones et défragmenter son intelligence artificielle, la seule idée (fantasmagorique, utopique) de pouvoir un jour être agrafé sur les murs du club vous convainc.
Aussitôt dit, aussitôt signé vous vous retrouvez au vestiaire…





Mèche 1.0

9 07 2007

Au commencement était la blonde. Blonde d’état, de genre, de logique… Blonde en tout, blonde tout court, blonde un jour, blonde toujours… “Hé oui” affirmait-elle, tout naturellement suivi d’un coup de mèche orgasmo-ponctuant.
Le rapport au monde qu’entretient et vie au quotidien la blonde relève au mieux d’un blocage neurologique temporaire mais régulier, au pire d’un autisme avancé. il n’y a qu’à observer : la blonde est imprégnée de TOC. Mais elle ne le sait pas. Comment pourrait-elle d’ailleurs sans apercevoir puisque les personnes atteintes de TOC ont toutes consciences de l’absurdité de leurs comportements… sauf la blonde. Pour elle un TOC n’est que le nom, ou le prénom (“Ca dépend c’est sûr”) de… Toc (“Ben évidemment Toc TOC”).
La tête bloquée quelques secondes, légèrement penchée vers l’avant, hagarde, les sourcils plissés, le regard scrutant un horizon propre que nul ne saurait observer indiquent que la blonde est en mode “busy”, tous les voyants sont au rouge : activité cérébrale intense. “Je suis occupée, faudra repasser !” (la mèche, souvenez-vous).
Ebahie, la bouche en cul-de-poule, les lèvres figées à faire pâlir une Baronne Brandstetter? Ici plusieurs possibilités. Soit la blonde procède à une ventilation de son cerveau, soit elle s’apprête à partager quelques mots de son vocabulaire. Pour ma part, j’inclinerais à penser qu’il s’agit là du mode “in progress”, signes que la blonde est en marche.





Propulsé en 2.0

8 07 2007

Amis, connaissances, hôtes et hôtesses… tout le petit monde gravitant autour de ma sphère Royale avait pour habitude de m’entendre en 5.1… Réjouissez-vous fifrelins, farfadets et autres camarades de tout poil, vous pouvez désormais me lire en 2.0!
Non! L’Ancien Régime m’est déjà passé sous le nez, hors de question cette fois de laisser filer sans le choper au vol le web 2.0!
Ainsi voulu, ainsi fut fait…
A vos mulots, souris et autres bestiaux… De clics en menus, de listes déroulantes en liens hypertexte…
Et bienvenue !